Le soleil paraît une heure à peine. Il est monté, il chancelle, il disparaît. Avec le crépuscule, le brouillard.

Maintenant, les pas s'enfoncent et il faut éviter les obstacles, les pierres levées, les trous ouverts.

Hommes et chiens vont, sachant que le salut est au bout de l'étape. On dirait des fantômes errants, gris dans l'ombre grise, ils vont, silencieux et obstinés, seul le halètement des chiens rythme la marche.


Le fleuve que l'on devait rencontrer le lendemain, n'est pas encore en vue au matin du huitième jour.

Cependant la route est meilleure. Protégé par les monts, le printemps s'est attardé, mais il a été surpris par le froid.

Aux pins se mêlent les pousses roussâtres des saules. Parfois, dans le creux d'un rocher, on trouve, gelées, les dents de lion et la bardane, des églantiers aussi, des groseilliers et les grappes innombrables d'airelles.

Toute une flore qui étonne sous cette latitude.

Gregory Land ne pipe plus mot. Depuis une semaine, il a eu le temps d'épuiser ses jurements en toutes langues. Il marche, la face en avant, les maxillaires contractés comme un dogue qui suit une trace.

Hurricane est insouciant et gai. Flossie ne voit que par les yeux d'Hurricane.