Du haut du mont, une avalanche se déclenche qui, en dix secondes, roule de rocher en rocher, rasant les sapins, emportant tout sur son passage. Elle arrive, elle vient, elle est là, elle passe, elle est passée. Dans l'abîme, son grondement se perd qui se répercute longtemps. La vitesse, la force ont été telles que douze chiens de la première équipe ont été écrasés, enlevés, sans avoir fait dévier d'un pouce l'attelage. La coupure est nette, comme au couteau.
Des cris? Des exclamations? Des jurons? Des mots de colère?
Non. Rien.
Les hommes rajustent la chaîne dont il manque quelques chaînons, les mains se crispent un peu sur les guides, les animaux tremblent sur leurs pattes par secousses brèves… c'est tout.
La voix un peu sourde de Gregory lance :
— Mush, mush on, boys!
Et l'étape continue.
On campe. Billikins taille un épieu pour maintenir le chargement. Flossie entretient le feu et surveille le déjeuner, des haricots et des fèves qu'on a dû dégeler.
Gregory et Hurricane parlent. C'est-à-dire : le postier parle et Hurricane écoute.