Ployés sous une volonté dominante, les jarrets cassés, les reins brisés, les hommes s'affalent sur la neige.
Immobiles, calmes, résignés, ils attendent l'accomplissement de leur destin.
Avec des gestes d'automate, Gregory élève un igloo. Il y pousse ses compagnons. Une paix relative vient et, dans cette paix, la mémoire d'Hurricane s'éveille.
C'est le mystère des terres boréales qui l'attire.
Espaces vierges dont le mirage a pris l'héroïsme des hommes qui ont tout quitté pour arracher au Sphynge son secret.
Des noms viennent en son esprit qui évoquent l'effort prodigieux.
Sir John Franklin et ses hardis compagnons, Fitzjames, commandant l'Erèbe, et Crozies, commandant la Terror, qui, après trois hivers polaires, souffrant de la faim, rongés par le scorbut, tombèrent un à un, jusqu'au dernier.
De Long, l'Américain d'origine française, dont l'odyssée est une des plus effroyables pages de la conquête du pôle.