Et, de sa main valide, il le saisit par la peau du cou et le jette dans la cour.
Le chien, courageux, fait tête, il s'apprête à bondir.
Alors Hurricane prend son fouet et, au moment où la bête s'élance il la cingle.
La rage, plus que la douleur, endiable le chien qui, les yeux injectés de sang, la bouche baveuse, s'avance en grondant. Un nouveau coup l'arrête, puis un autre, et un autre encore.
Hurricane tape, tape, tape. Le chien s'affale, une larme hésite au coin de son œil.
Alors l'homme s'approche. Hurricane-chien essaye de lever la tête, un grognement roule qui fait onduler la peau de son ventre, mais la vue du terrible instrument lui rend le sentiment de sa faiblesse.
Le Maître en profite pour serrer la boucle. Hurricane-chien est debout, étonné ; ses quatre pattes tremblent, les poils autour de son cou se hérissent, sa queue traîne et le grelot tintille doucement.
Lui qui rêvait devant le feu! Ça n'est pas possible! Que lui est-il donc arrivé? C'est fou! Il va se réveiller devant les flammes qui valsent… C'est bon le feu après qu'on a couru librement dans la neige.
Bon sang! ça le gêne cette affaire qu'on lui a fourré et, de sa patte, il se gratte, il se gratte furieusement et le grelot tinte, tinte, pour lui rappeler son asservissement.
Alors, philosophe, il s'assied, doutant définitivement des bonnes choses de la terre.