Avant, le maître sortait à cheval. On pouvait alors courir pendant des lieues. Mais le cheval reste à l'écurie et lui tourne, oisif, entre les barrières du ranch.
Les poules ne l'intéressent plus, ni les canards qu'il trouve stupides. Il ne mord plus les jambes des porcs.
Il a des puces, les moustiques l'embêtent ; ma parole! il engraisse.
Hurricane-chien s'ennuie à crever.
Flossie dépose les seaux, rabat ses manches, laisse à la porte ses sabots à pointes recourbées et pénètre dans la grande salle où la cheminée de pierre occupe tout le fond. L'eau glougloute dans un chaudron de cuivre noirci par les flammes.
Près du foyer, les jambes étendues, Hurricane. Il tient à la main une revue qu'il ne lit pas. Un bourrelet rose vif suit le col de sa chemise, les joues sont pleines, les paupières lourdes.
Visiblement il engraisse aussi. Hurricane-l'homme s'ennuie la même chose qu'Hurricane-chien.
Flossie va, vient, sans un mot. Par moment, elle regarde son compagnon, lève les épaules et passe.
Le garçon ne bouge pas d'un pouce. Cette impassibilité irrite la jeune femme.