Et Hurricane-chien tire avec ses crocs le veston d'Hurricane-l'homme.

Celui-ci se dresse machinalement. Il étire ses bras, Dieu! que ses nerfs sont mous! Il prend sa toque de castor.

Vrai, on va sortir? Quelle aubaine! La bête vire et saute! Le fusil aussi? Mais alors la joie est complète… Oui, mais on reviendra ce soir… et demain viendra…

C'est aussi la pensée d'Hurricane. Une envie irrésistible de partir le possède, mais il a peur.

Mille choses le tiennent ici, des habitudes qu'il a prises et dont chacune semble indispensable désormais à sa vie.

Oui, mais l'incertain, le soleil qui se lève, ici, derrière la montagne, montera demain au ras de l'horizon.

Tu voudrais partir, toi, je le sens, je le sais, mais toi, qu'abandonnes-tu?

Tandis que moi…

Il s'apitoie, se trouve le plus infortuné des hommes, il n'a pas le courage de dire : je veux partir parce que j'en ai assez, parce que la bête errante qui est en moi ne peut vivre à l'attache.

Une révolte l'anime soudain. Quoi, son âme est à ce point abâtardie? Il n'oserait pas? On verra bien.