— Viens, mon vieux.
Hurricane-chien observe son maître. La décision est-elle définitive? Probablement, puisqu'il ouvre la porte. Non, puisqu'il la referme.
Il ne peut s'en aller ainsi, sans un mot, sans un adieu.
Trois lignes au crayon : « Flo, mon amour, je ne sais pas, je ne sais plus, j'étouffe ici, j'étais heureux et pourtant je m'en vais… »
Et le voilà dehors, son chien sur les talons. En haut de la côte, il se retourne, son ranch est là, une fumée coiffe sa cheminée, dans son pré ses animaux, ses bœufs dont il était si fier et ses moutons aux mufles noirs, et ses chevaux aux larges paturons… Et Flossie? n'est-ce pas elle qui jette son grain à la volaille? Sa Flossie aussi, Flossie, bonne fille, Flossie…
Il va s'attendrir.
Hurricane-chien, qui marche devant, s'est arrêté. Va-t-il redescendre?
— Oua, oua…
— Oui, je viens.
Du pouce, Hurricane remonte la bretelle de sa carabine et se remet en marche.