— Les géraniums grimpants…

— Et le théâtre grec au pied de la colline…

— Dites donc, de votre temps, on ne servait pas le whisky dans des tea-pots?

— Fichtre non! On avait soif après les matches de base-ball.

— Ah! les matches!

— Moi, j'étais yell master.

— Vous étiez le maître des cris! répète avec une admiration naïve Hurricane.

— Comme je vous le dis.

Et c'est l'évocation soudaine des jeux où les jeunes hommes, splendides bêtes de combat, se battent pour l'honneur de l'université. La foule se presse pour soutenir les couleurs du camp, il faut que les garçons soient à la hauteur de leur tâche et le maître des cris, que l'on appelle encore « cheer leader », excite ses troupes à la victoire. Allons, garçons, un coup de collier, ceux de Stanford reculent, prenez garde ici, modérez-vous, donnez toute votre âme.

Le mégaphone d'une main, l'oriflamme de l'Université de l'autre, le maître des cris veille à tout ; il trépigne, il danse, il crie, il beugle, il exulte et, derrière lui, les étudiants, massés comme le chœur antique, reprennent le cri, le fameux cri qui est le signe du ralliement. C'est le « Montjoie! Saint-Denis! » des troupes royales françaises, le « Dieu le veult! » des Croisés, le « Io Pean! » des Hellènes, c'est le cri animateur des foules qui combattent.