Au matin, la bataille commence de l'homme et du mont.
Il va vers la montagne comme vers un ennemi, avec la volonté de vaincre.
Farouche, il force l'entrée, fait s'ébouler les pierres chancelantes, puis, l'ouverture agrandie, il entre résolument au cœur de la place conquise.
Alors il attaque la roche métamorphique, les gneiss verdâtres et les schistes argileux. Le pic sonne sur le roc, l'œil attentif guette la moindre lueur s'allumant dans la pénombre.
— Billikins, la lampe.
L'Indien accourt. L'homme promène la lumière sur les roches griffées.
Si, là, cela brille, il prend des graviers qu'il écrase du pouce. Les mille facettes du mica apparaissent, trompeuses. Il les rejette, reprend son pic et poursuit le grand œuvre.
Billikins sort le minerai qu'il entasse — le minerai qui s'obstine à garder son secret magnifique.
Enfin, coupant la roche, Hurricane aperçoit un filon de quartz grisâtre. Il abat un morceau qu'il broie au marteau et la matière livre son âme ; dans les grains pulvérisés, il y a des parcelles lumineuses, de l'or, en vérité, de l'or.
Pour plus de sûreté, il met pêle-mêle tous les débris dans la pan, puis, ayant versé un tiers d'eau, il donne à la pan un mouvement giratoire de droite à gauche ; peu à peu la rotation s'accentue, l'eau rejetée emporte les sables et les graviers restent dans le fond ; il remet de l'eau encore, plusieurs fois jusqu'à ce qu'il ne reste plus dans la pan que les parties trop lourdes.