L’évêque est seul avec un enfant de onze ans[32].
[32] Un métis : Baptiste Pépin.
D’après la rude loi du Nord, quiconque tombe, meurt. Il faut marcher ; on marche pendant des heures et la nuit vient, la nuit qui prend, la nuit qui enveloppe, la nuit qui tue.
Des appels montent qui se perdent dans la hurlée de l’ouragan. Les chiens vont à leur gré, mais le Kamasan[33] souffle du large, les bêtes ne sentent pas la terre… L’enfant chancelle que l’homme vacillant soutient.
[33] Vent d’est.
O nuit terrible, nuit mémorable, symphonie blanche et noire où passent deux fantômes errants.
— Monseigneur, je ne puis plus aller.
— Avance encore, courage.
— Il me semble que je suis trop petit pour mourir.
Les mains du pauvret s’agrippent aux bras de l’évêque. Les deux ombres ne sont plus qu’une ombre qui titube et qui tombe.