Une éclaircie déchire le ciel. On va essayer de partir. Mais le bonheur est fugitif, le vent tombe, la neige descend à gros flocons. La mer blanchit et bientôt l’ouragan se déchaîne.

La voile est repliée, on jette l’ancre, vingt brasses, cinquante, soixante, quatre-vingts, le grondement de la chaîne s’arrête, elle se tend, elle casse.

Un cri :

— Mon Dieu, nous sommes perdus !

Et le navire est le jouet du vent.

Alors, les deux Pères remontent sur le pont. Deux hommes de l’équipage souffrent du mal de mer. Le Père Deléage et le Père Pian aident à la manœuvre.

La nuit vient, noire, horrible.

Où est-on ? Où va-t-on ? la seconde qui tombe est-elle la dernière ? Faut-il vivre ou perdre ici l’espoir ?

L’histoire se renouvelle des apôtres de Dieu au péril de la mer.

Ce navire qui danse sur la cime des flots, dans les passes nordiques, n’est-ce pas le navire qui porte Paul sur la mer latine ?