Oui, l’histoire est pareille et pareille est la destinée.

Sur la fragile embarcation, la tempête s’acharne, les Pères travaillent et prient.

Paul les protège et Pierre les dirige vers la voie du salut.

Mais dans la hurlée de l’ouragan une image prend corps.

N’est-ce pas ton visage, ô doux François-Xavier, apôtre infatigable, ouvrier obéissant du plus ingrat labeur ?

Les matelots blasphèment le nom de Dieu, le capitaine joue aux dés ses esclaves, mais la spirale du typhon s’avance. Les voici tous à genoux implorant le Seigneur.

François-Xavier est là, les anges, les patriarches, les apôtres, les saints, lui font un cortège de gloire.

Dans l’épouvante des gouffres entrevus, il apaise la démence des flots d’un signe de sa main.

Comme autrefois sur la mer des Moluques, pareilles à deux bêtes de l’Apocalypse, la mort et la vie s’étreignent, combat de titans, forces désespérées.

C’est un vaisseau fantôme qui passe sur les flots, caparaçonné de glace, dans le cauchemar d’une nuit qui ne finira pas.