— Ah ! Notta, ni miweysiten et wepamitan. Ah ! mon père, que je suis content de te voir.
Et le jongleur se dresse sur son séant, la main tendue.
Le sorcier et l’homme de Dieu restent face à face. Il y a un long silence. L’un observe, l’autre attend. Enfin, John Peters se décide :
— Je t’ai fait demander car je suis bien mal et j’ignore si je reviendrai à la santé.
Je ne sais quel chemin va prendre mon âme quand elle quittera la terre et je crains de ne pas voir le Grand Esprit. Montre-moi le bon chemin, Robe-noire. Je le sais, j’ai été méchant. J’ai passé ma vie dans le désordre, mais tout cela je le regrette. Je veux être un bon priant.
L’Indien a parlé très vite, comme pour décharger son cœur d’un poids trop lourd pour lui.
Et le prêtre répond :
— C’est bon, mon grand-père, je suis content de te voir.
Oui, je te montrerai le bon chemin et j’y placerai ton âme. Je t’apporte la Grande Médecine du Bon Dieu.
Sans doute, tu l’as offensé, mais il est miséricordieux, il te pardonnera. Lui prendra pitié de ton corps ; moi, je viens pour guérir ton âme.