Au-delà il n’y a plus rien, plus rien que l’immensité désolée des régions polaires où seules les glaces monstrueuses affirment la puissance divine.
Comment va-t-il vivre, Seigneur ? Et son troupeau ?
Les démons arctiques ricanent, ils tendent déjà leurs mains crochues, ces âmes ne sont-elles pas des proies faciles ?
Mais le Berger fait bonne garde ; il sait que si la croix est lourde, il faut la porter jusqu’au bout.
Après le Golgotha, le Christ est ressuscité, le Christ, sauveur du Monde.
Le Bon Pasteur veille sur les brebis.
ROSE DE FRANCE
Dans cette baie d’Hudson, si redoutable, au nord du 60°, un cap de rochers et de glaces, sur ce cap quelques huttes misérables, battues par la tempête, dans ces huttes des êtres vivants : ces Esquimaux aux mœurs primitives, païens vêtus de peaux de bêtes, mangeurs de viande crue, dont l’âme se déchire écartelée aux quatre vents de la superstition.
Ces hommes qui attaquent au javelot, dont la pointe est une dent de morse, l’ours polaire et dont le poing ne tressaille pas, tremblent comme des petits enfants, devant les manifestations de l’esprit des ténèbres.
Sakkayut, le devin ; Angatkokreartut, le faiseur de tours, évoquent dans l’ombre l’âme des ancêtres disparus. A leur appel, la haine et le meurtre se lèvent, dressant, face à face, le père et le fils comme des ennemis.