On suit la piste du renard, on guette le sommeil du phoque, un harpon invisible frappe entre les deux épaules. Sur la neige, il y a le sang du fratricide, Caïn passe, le sort est conjuré.
Le vieillard se traîne inutile, on le supprime. Une fillette naît, on la tue. La femme est un objet que l’on achète et que l’on vend.
En vérité, ce sont des âmes malheureuses ; sur cette terre, sur ces âmes, Mgr Turquetil a fait descendre la paix religieuse du cœur.
A la pointe du Cap Esquimau, l’homme-de-la-prière a placé un flambeau qui rayonne dont il a confié la garde à Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus, « la petite sœur » née comme lui de la glèbe normande et son aînée de quatre ans.
Et désormais, malgré les rafales du vent et la hurlée de la tempête, il y a sur la neige des pétales de roses.
Cœur virginal qui s’effeuille et qui se donne, dans la joie de l’abandon et du sacrifice, cœur mystique qui « passe son ciel à faire du bien sur la terre ».
Mission de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, phare debout aux extrémités du monde, tu as connu la misère de tes fils, alors que, clou à clou, ils élevaient ton autel. Misère du Père Ducharme et du frère Girard, serviteurs fidèles d’un idéal de charité !
Pendant que vous bâtissiez la maison, les éléments se déchaînaient, autour de vous tout s’écroulait, le cierge qui brûlait devant l’image de la « petite Française » ne vacillait pas. Sa flamme montait droite comme la volonté de Dieu, pure comme la Mère Douloureuse.
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Des ombres dans le brouillard, une ombre d’homme, une ombre de chien et titubant une ombre de vieille femme, une ombre qui chancelle et qui s’abat.