C’est à flanc de côteau, devant le miroir glacé du lac, une demeure humaine. Qui peut habiter ces parages où tout semble tristesse et désolation ? Un trappeur, sans doute, un vieux solitaire fuyant la civilisation des villes ! Un Oblat, peut-être, venu, selon la parole de l’apôtre, « pour évangéliser les pauvres ».
Un chant monte dans la nuit, un chant inattendu et gai :
A Saint-Malo, beau port de mer,
A Saint-Malo, beau port de mer,
Trois gros navires sont arrivés,
Nous irons sur l’eau nous y prom’ promener,
Nous irons jouer dans l’île…
Mes chiens arrêtés, j’écoute le chant populaire, le cœur troublé, les yeux remplis de larmes…
C’est toute la vieille France qui s’évoque ; disparue la neige, dissipées les angoisses nocturnes, voici dressée devant moi la cité des corsaires, ses remparts, son clocher pointu.
Mon chien de tête aboie. Les voix s’arrêtent ; la porte s’ouvre.