« Mais il se trouve dans l’aire de l’orepalde, le grand aigle qui se nourrit de chair humaine. Le rapace dort.
« En ravissant les plumes de l’aiglon, l’homme parvient à s’évader et retrouve son camp. Mais la vengeance est dans son cœur et, depuis lors, il porte en lui la traîtrise des femmes. »
… Tout ce qui est faible et sans défense est méprisé, bafoué ; la femme, l’enfant, le vieillard, ne sont plus des créatures de Dieu.
La Bête de l’Apocalypse est lâchée dans la Prairie immense où seule la force est orgueil.
Dans ces âmes frustes, il n’y a pas de place pour la tendresse, pour la pitié et pour l’amour.
La dissolution règne dans tous les camps.
Les hordes chevauchent de l’est à l’ouest la terre vierge, cette terre où demain surgiront les cités. Là où naîtront Winnipeg, Edmonton, Kamloops, Saskatoon, Prince-Albert, Calgary, l’herbe pousse courte et drue. Les Indiens passent, la mort en croupe. La souffrance et la misère règnent sur la Prairie.
Mais l’heure de Dieu va sonner.
De l’Orient vient la lumière. La Nouvelle France conserve le prestige affectueux des découvreurs français, de là comme aux temps héroïques vont partir les premiers pionniers.
Et la vieille terre de France va donner les meilleurs de ses fils.