Le vieil aveugle indien prie pour le salut des âmes.
SOLITUDE
Le blizzard s’est levé, balayant le lac et la plaine et heurtant la maison. La maison ? Une hutte de bois, recouverte d’écorce, surmontée d’une croix. Une lanière de cuir ferme et ouvre le loquet.
Sous la porte, la bise siffle. Le thermomètre marque 40 sous zéro.
Autour de la « mission », quelques loges sauvages. On n’entend pas un bruit : hommes, femmes, enfants, vieillards, se sont terrés.
La Robe-noire est seule en cette solitude. Depuis trois ans, elle vit dans cette pauvreté. Depuis trois ans, l’homme de la prière n’a rien reçu. Le steamboat qui portait à York le ravitaillement a fait naufrage. Il faut compter sur soi si l’on veut vivre.
Et c’est la pêche sous la glace, la visite des filets et des lignes, la capture problématique de la loche ou de la truite grise.
En dix jours, soixante-dix hameçons ont rapporté quatre poissons.
Mon Dieu ! Mon Dieu ! quelle misère !
Etre tout seul, tout seul, sans espoir, sans ami. Une angoisse l’étreint. S’il allait mourir là !