D’ici, elles repartiront vers quelle destination ?
Je les tiens entre mes doigts qui tremblent, je ne voudrais pas m’énerver. Impossible, je hâte le tri, vite, vite, vite.
Rien pour moi.
Impossible aussi.
Je mate mon désir et reprends la besogne. Une à une, les lettres défilent. Aucune ne porte mon nom.
Nul souvenir n’est venu jusqu’à moi de la terre natale. Une main invisible crispe ma gorge, une envie de pleurer monte de mon cœur à mes yeux. Non, pas ça… pas ça.
D’un geste machinal, je repousse les pauvres chères choses que d’autres espèrent depuis des jours.
Et je sors.
Ah ! que m’importent le bruit, le tumulte de la ville, le grouillement des enfants qui jouent, le rire des femmes qui, sur l’appontement, apprêtent la morue.
Vite, vite, tournons le dos à la vie ; comme l’autre, je suis maudit. Mon destin me conduit aux portes de l’enfer et les lettres de feu flambent, qui disent :