Ce spectacle est pour moi seul. J’en savoure la joie égoïste, pleinement. Je reste immobile de peur que la vision ne s’efface ; mais non, elle persiste et s’agrandit ; poussées par une main invisible les nuées se mettent en marche pour une chevauchée triomphale.
Les chevaux, les reîtres, les lances, les casques défilent là-haut, en mouvement vers quelle apothéose ?
En bas, la mer océane est un cœur immense qui bat.
Cette nuit, j’ai compris la majesté divine.
Près du poêle, il y a un rosier, objet d’une attention jalouse. Sur le rosier, fleurit une rose… Dirait-on pas le thème d’une chanson populaire conservé à travers les âges par la tradition… ou bien un conte qui commencerait par le fatidique : il était une fois…?
C’est une rose pourpre à peine sortie du bouton et déjà parfumée…
Mes lourdes bottes font craquer le parquet ; je tourne comme un ours en cage, mais, à chaque passage, je m’arrête et respire la fleur.
La pluie bat les vitres, les montagnes sont brouillées, le ciel et la mer se fondent dans une même teinte grise.