Il y a le père et le fils, ce fils a femme et enfants… des enfants blonds comme des blés mûrs, et dont les yeux d’un bleu tendre regardent étonnés l’appareil du « Frankman ».

Ils se rangent, dociles à ma voix, devant la porte, sur le gazon formant talus, et là, les mains l’une sur l’autre, ils attendent sans bouger, sans rire, graves et déjà réfléchis.

La salle de réception ici ne connaît pas le luxe. Une table, deux escabeaux ; au mur, pendue à un clou, une couronne mortuaire en perles, avec, sous verre, un cœur fané.

Ici, comme dans la Rome primitive, la Grèce ancienne ou l’Inde des Védas, le culte des morts est sacré. On vit avec eux. Et l’ex-voto est un hommage qui perpétue le souvenir.

L’hôtesse nous apporte le traditionnel café. Elle nous sert elle-même et se tient debout pour nous honorer.

L’homme qui travaillait dehors est venu, sitôt averti ; il entre, nous salue et s’assied sur un coffret de bois où sont peintes des guirlandes de feuilles d’un ton rouge vif.


Houle dans la passe de Lodmundarfjord, dur retour. Le canot automobile pique du nez dans les lames. Nous embarquons de l’eau à chaque coup. La vague passe par-dessus bord comme par jeu.

Pour me tenir debout, je me cramponne au mât. Chaque paquet de mer me gifle. Je m’arc-boute de toute ma volonté pour ne pas me laisser emporter.

Dans la partie ouest-sud-ouest de Seydisfjord, nous retrouvons le calme.