— Nous…?
— Oui, vous m’accompagnez.
Cela a été dit avec une telle assurance qu’Einar en reste suffoqué.
Quand il reprend un peu le sens des réalités, il proteste :
— Mais j’ai ma femme, mes enfants, mon travail…
— Votre travail ? Les chalutiers français sont partis. Vous en avez pour huit mois avant qu’ils reviennent… Vos enfants sont trop petits pour vous regretter ; quant à votre femme elle sera enchantée d’être débarrassée de vous pendant quelques semaines.
Ma logique et l’offre de cinq cents couronnes ont eu raison des scrupules d’Einar, qui se dresse soudain.
J’interroge :
— Vous allez avertir votre femme ?
— Non, monsieur, je vais vous acheter des chevaux.