La neige nous accompagne.


Rude étape dans les rochers et la terre molle.

Le lac Anavatn est ma seule consolation. Sa tache émeraude contraste avec les roches brunes et la neige blanche ; des milliers d’oiseaux le survolent. Des canards au col vert, des pluviers dorés. Des cygnes sauvages pataugent sur les bords, lourds et empêtrés.

Une maman et cinq petits font une escadre qui manœuvre.


Un autre petit lac, dont nous suivons la rive droite, nous conduit, à onze heures du soir, au pauvre baer qui termine l’étape.

L’hôtesse est seule. Le paysan est à Akureyri. Elle nous a entendus, aussitôt elle s’est levée ; sa fille aînée est debout, passant un linge mouillé sur le plancher ; la maison doit être nette pour recevoir l’hôte.

Le café est servi, tout est prêt, et la paysanne nous reçoit sur le seuil de sa porte au moment même où nous descendons de cheval.