Les petits enfants, quatre marmots aux joues rondes, aux cheveux blonds hirsutes, veulent voir le « frankman ».

Mon bracelet-montre les intrigue et mon stylo les émerveille.

Je griffonne ces notes sur mes genoux, cependant qu’Einar Jonson explique à la pauvre femme, désolée de n’avoir pas mieux à nous offrir, que je suis un « important personnage ».

Animal d’Einar qui trouble l’âme simple de cette humble paysanne prodiguant les trésors de son cœur, seule richesse qu’elle ait !

Et je songe à l’accueil que l’on me ferait si je me hasardais à cogner, vers les onze heures du soir, à la porte de certains patelins du doux pays de France, m’amenant sans crier gare, moi, mes chevaux et un copain dont l’appétit est aussi grand que la taille.


La petite pièce, où j’ai dormi comme un prince, est creusée dans le sol ; à hauteur de ma tête, un carré de bois : la fenêtre, par où entre la lumière du jour.

Par l’étroite ouverture, j’aperçois le lac sur lequel la neige tombe, fait un trou et fond.


La neige, naturellement. Douze degrés sous zéro, naturellement.