Les mères clignent leurs yeux, dans une douce béatitude.


Il m’est impossible de trouver le sommeil, tant la lumière est vive. Elle entre à flots dans la chambre claire, dont les cloisons embaument le sapin fraîchement menuisé.

Je laisse errer ma pensée au fil des nuages qui passent, nuages roses qu’une brise légère fait cavalcader… et je vais chevauchant des chimères, car l’Éternel a dit : « Je te ferai passer comme à cheval par-dessus les lieux haut élevés de la Terre… »

Quant à l’héritage de Jacob, promis par Isaïe, je ne le trouverai point, en vérité, sur cette terre d’Islande, plus desséchée et plus aride que les rives lointaines du Jourdain.


Oui, mais les gens qui sont ici vivent de peu, arrachant, à force de labeur et d’opiniâtreté, de maigres profits à un sol particulièrement ingrat.

Si le bonheur est l’art de savoir limiter ses désirs, ceux-là sont parmi les heureux de ce monde.


Minuit ! C’est un enchantement ! Fête de grâce, fête d’harmonie, le ciel est à l’horizon couleur fleur de pêcher. Chante, mon cœur, la quiétude d’être seul, plus isolé dans tes pensers que Robinson dans son île, écoute s’égoutter la nuit. Non, pas la nuit, la promesse d’une lumière éternelle. Joie de cet enfer. Gloire et rayon ! Aurore sainte !