2o En organisant des razzias d’esclaves, car chez Samory le but de toute expédition est de se procurer de nouvelles ressources à l’aide d’esclaves.

Samory n’est qu’un marchand d’esclaves, le fournisseur des marchands maures du Sahara.

Dans ces dernières années et pendant le mémorable siège de Sikasso, ne faisant que bien rarement de prisonniers, Samory a été forcé de vendre une partie de ses propres sujets pour se procurer des chevaux et de la poudre.

Aussi aujourd’hui quelques-unes de ses provinces ne sont qu’une immense ruine : 1,7 habitant par kilomètre carré ! Je n’y connais pas un seul centre ayant 2000 habitants.

La population, déjà très réduite, ira sans cesse en décroissant ; la dernière guerre va encore la faire diminuer dans de fortes proportions. Les souffrances physiques endurées par tout ce qu’il y a de valide dans le pays pendant dix-huit mois ne sont pas faites pour augmenter la population. Car, en dehors des hommes et des guerriers employés à la colonne, tout ce qu’il y avait de valide, hommes, femmes, enfants, a été employé au service des vivres et du ravitaillement en munitions, ce qui n’est pas le service le moins fatigant.

On peut estimer les pertes de Samory, par le feu, la famine et les prisonniers faits par Tiéba, à environ 10000 individus.

Le nombre de ses sujets vendus et des gens qui ont émigré vers des régions plus clémentes ne peut être évalué, même approximativement.

A quelles étranges circonstances devons-nous ce triste résultat d’avoir réussi à mettre sous notre protectorat au bout de sept ans de labeurs, après d’aussi lourds sacrifices en hommes et en argent, un pays comptant 280000 habitants au lieu de près de 2 millions ?

A l’indécision dont nous avons fait preuve dans la politique suivie au Soudan.

A la fin de la campagne 1882-83, le colonel Desbordes avait fidèlement rempli le programme qui lui avait été tracé : « Se porter sur le Niger et créer une ligne de postes reliant ce dernier fleuve au point terminus de la navigation du Sénégal ».