Quand comprendra-t-on que l’organisation en confédérations est la seule qui puisse assurer la prospérité des peuples noirs ? A l’aide d’alliances sagement conclues sous notre patronage, elles auraient pu étouffer l’avènement de n’importe quel aventurier et limiter sa puissance.

Chez les nègres plus que partout ailleurs, où le despotisme existe au plus haut degré, où l’organisation doit être substituée à la rapine et au brigandage, il ne faut pas de grosses agglomérations de territoires soumises au même individu.

Qu’un chef se fasse appeler Damel, Brack, Bour, Massa, Almamy, Naba, dès qu’il commande à une population de plus de 25000 âmes il doit être supprimé, sans quoi il dévaste au lieu d’organiser et de régénérer.


CHAPITRE IV

Séjour à Bénokhobougoula. — Cadeau à Samory et à ses femmes. — Le harem de l’almamy. — Le Baniégué. — Du tabac. — Nouvelles de la colonne : difficultés à se ravitailler. — Je me décide à quitter Bénokhobougoula. — Lettre à Samory. — Départ sans guide. — Égaré dans une ruine. — Arrivée sur les bords du Banifing. — Ouarakana et Caillié ; traces d’éléphants. — Tiong-i. — Départ pour Tengréla. — Accueil peu encourageant à Tintchinémé. — Conversation avec un Mossi. — Des poissons. — Menaces du chef de Tengréla. — Pourquoi l’on me nomme Diara. — Retraite de nuit sur Gongoro. — Position difficile à Tiong-i. — Population de Tiong-i. — Chasse aux iguanes. — Les Haoussa. — On cultive le safran indien. — Retour d’un courrier envoyé à Bammako. — Mort de ma mule. — Pourparlers avec Fourou. — Nouvelles de la colonne. — Indusstrie de Tiong-i. — Départ pour Fourou. — Le dolo, superstition de mon hôte. — Comment les noirs appliquent les préceptes et maximes. — Arrivée sur les bords du Bagoé. — Des termites comestibles. — Fourou, description de la ville, de ses fortifications. — Le culte des morts. — Les Soubakha. — Industrie. — Défiance de quelques habitants. — Le marché. — Nouveaux comestibles. — Histoire de Fourou. — Les habitants cachent leurs richesses. — Concours de beauté. — Du Peul et de l’élevage. — Le bois sacré. — Famine chez Samory. — Excursions aux environs. — Je réussis à me faire conduire chez Pégué, chef de Niélé (Follona).

Ma première visite en arrivant a été pour le vieux Bénokho, chef du village et de la région environnante appelée Mpéla.

Je lui fais quelques cadeaux pour la façon bienveillante dont il avait accueilli mon personnel et pour le remercier des vivres qu’il me donne.

Le restant de la matinée a été consacré à préparer les cadeaux destinés à Samory et à Karamokho. Un sofa qui m’a accompagné jusqu’ici doit se charger de les lui faire parvenir.

Voici la liste détaillée de tout ce que j’ai envoyé à Samory et à Karamokho avec le prix de revient des objets en France :