| Fr. | c. | |||
|---|---|---|---|---|
| 1 fusil double, à pierre,canons gravés or, plaque de couche et sous-garde en cuivredoré | 90 | » | ||
| 1 paire pistolets, crosseébène, incrustés argent, canon de 45 centimètres | 60 | » | ||
| 1 paire pistolets à piston àcanons superposés | 54 | » | ||
| 1 pistolet ordinaire | — | 15 | » | |
| 5 boîtes de capsules | — | 2 | 50 | |
| 3 pièces étoffes imprimées | — | à 8 25 | 24 | 75 |
| 1 pièce étoffe brodée de perles argent | 40 | » | ||
| 1 tapis de selle en veloursrouge brodé en galon or | 35 | » | ||
| 1 pièce de velours rose | 30 | » | ||
| 4 flacons odeur à 0 fr.65 | 2 | 60 | ||
| 2 tabatières à 1 fr. 45 | 2 | 90 | ||
| 12 grelots, 2 rasoirs, 1paire ciseaux, boutons assortis et 5 calepins | 15 | » | ||
| 2 écharpes, banderoles desabre brodées en soie | 6 | » | ||
| 1 rouleau tissu façon or,gaze | 20 | » | ||
| 1 rouleau — plomb | 20 | » | ||
| Ganses et galons divers | 10 | » | ||
| 6 fichus en soie de couleurassorties pour ses femmes | 9 | » | ||
| 1 harmonica | 1 | 45 | ||
| 1 boîte de thé | 3 | » | ||
| 110 cartouches | 44 | » | ||
| 1 couverture | 6 | 50 | ||
| Total | 491 | 70 | ||
| Le tout renfermédans une malle fermant avec un cadenas | 25 | » | ||
| 516 | 70 | |||
| Au total et en chiffres ronds500 francs, ce qui fait dans le pays environ 2000 francs. | ||||
Dès que tout fut prêt, le sofa réquisitionna deux porteurs et se mit en devoir de regagner Sikasso.
Puis ce fut le tour des femmes de l’almamy, auxquelles je fis parvenir le cadeau quelques instants après leur avoir fait visite.
Voici le détail de ce que je leur envoyai :
| Fr. | c. | |
|---|---|---|
| 12 colliers en corail avec fermoir en or | 24 | » |
| 12 bracelets en corail | 12 | » |
| 1 pièce dentelle | 3 | » |
| 1 rouleau étoffe | 20 | » |
| 1 rouleau gaze | 20 | » |
| Et sur leur demande 6 rasoirs (dont je me dispense de désigner l’usage) | 12 | » |
| Au total | 91 | » |
Les épouses de l’almamy sont logées dans un petit groupe de cases entouré d’un palanquement en bois, à l’ouest et à 500 mètres du village. Elles ont à leur service quelques vieilles femmes de griots, et ont comme homme d’affaires ou majordome un vieux Sonninké, diawara du Kingui, qui sait lire et écrire l’arabe.
Les femmes de l’almamy sont au nombre de vingt ; six d’entre elles sont mariées depuis plusieurs années, les quatorze autres sont des jeunes filles de huit à quinze ans qui attendent que leur seigneur et maître veuille bien les admettre dans son home. Quand l’almamy passe dans une région et qu’il remarque des petites filles qui lui plaisent, elles sont immédiatement envoyées dans un de ces dépôts. Peu d’entre elles sont filles de chefs, il puise partout. On pourrait supposer que son choix ne porte que sur des beautés exceptionnelles. Loin de là, il y en a peu de jolies parmi celles que j’ai vues au camp et ici.
Femmes de Samory et leur surveillant.
Leur condition n’est pas heureuse, la plupart d’entre elles ont été le jouet d’un caprice de l’almamy, puis elles sont délaissées ; mais, pour faire voir qu’il en possède beaucoup, il en emmène partout où il va. Il doit en avoir à peu près une centaine ; les femmes d’ici m’ont dit : un peu plus de quatre-vingts. La plus grande partie des femmes se trouve actuellement à Koussan (Ouassoulou), à Niako et à Sanancoro. Ces trois villes sont en quelque sorte les capitales des États de Samory.