Celui-ci peut se traduire par : « Ne passe pas avec des mets préparés devant les visiteurs sans les convier à partager ton repas ».
Ce charitable conseil est suivi en s’arrêtant devant tout le monde quand on transporte un chaudron vide, par la bonne raison que le noir ne circule jamais avec un chaudron plein. Celui-ci serait trop lourd, trop chaud, et puis il est dépourvu d’anses, ce qui en rend le maniement difficile.
3o « Celui qui boit dans la même calebasse que son cheval aura beaucoup de chevaux. »
Ce dernier précepte, emprunté aux Maures et aux Diawara, est destiné aux éleveurs de chevaux pour les engager à veiller sur la nourriture et la boisson de leurs bêtes, le cheval étant un animal très délicat et auquel il faut beaucoup de soins. Cette prescription est si rigoureusement observée par les Bambara de Ségou, qu’ils boivent l’eau restant dans la calebasse quand le cheval a fini de boire. Ils sont persuadés que cela suffit pour augmenter le nombre de leurs montures.
Vieux buvant du dolo.
4o « De temps en temps donne un peu de ton superflu aux autres. » Cette prescription est observée par les musulmans et les idolâtres de la façon suivante :
De temps à autre le noir achète une calebasse de niomies ou de pistaches et envoie dans le village un de ses hommes distribuer des friandises à tous les gamins qu’il rencontre. Il n’emploierait jamais la même somme pour faire l’aumône à un malheureux.
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Basoma et quelques hommes armés m’ont accompagné jusqu’à 3 kilomètres du village ; là attendaient une quinzaine de personnes, hommes, femmes et enfants, qui m’ont demandé à marcher avec moi, le chemin étant pillé par les gens de Nangalasou et des environs, qui attaquent tous ceux qui s’y aventurent peu ou point armés.