On danse dans la cour, et si cet emplacement est trop exigu, c’est sur une place du village. Les visiteurs affluent de tous les villages environnants. La table est ouverte en permanence et le dolo coule à flots. Le chef de famille distribue en outre des denrées non préparées et des cauries à tous les visiteurs. Cette fête se prolonge d’autant plus, que le défunt était plus estimé par ses concitoyens.
C’est vers onze heures ou minuit qu’il faut aller voir une de ces saturnales. Les jeunes gens d’un côté exécutent des pas, des sauts, des pirouettes avec armes, la tête ornée de plumes de vautour et de poulet. Les jeunes filles sautent en l’air à pieds joints, aussi haut que possible, en se frappant les fesses d’un coup de talon. Tout ce monde ne se repose que pour boire ou pour faire place à quelque personne âgée : pendant qu’elle danse, et en signe de respect, les habitants viennent successivement soulever son bras droit en l’air. Toute cette scène est éclairée par un ou deux feux de bois près desquels se tiennent généralement les musiciens, le torse ruisselant de sueur et rythmant avec acharnement sur leur tam-tam ou balafon un air, toujours le même.
Enfin, la veille de l’enterrement, le chef de famille va annoncer partout l’heure de la cérémonie. Quelques heures auparavant, les coups de fusil annoncent l’enterrement, les balafon se rendent à la porte du village, tout le monde se rassemble vêtu de linge propre, les guerriers en costume de guerre, le chapeau orné de plumes. Au moment où le corps passe, ficelé dans une natte et porté sur la tête par deux hommes vigoureux, tout bruit cesse et tout le monde se range sur son passage. Le corps est toujours précédé de femmes qui chantent les vertus du défunt et portent dans la main droite une queue de vache qu’elles agitent un peu en l’air.
Un enterrement chez les Siène-ré.
Peu de personnes suivent, les parents et les fossoyeurs seulement.
Dès que le corps est sorti du village, la fête recommence jusqu’au lendemain matin. Alors a lieu une seconde visite du chef de famille qui vient dire que tout est terminé.
Les malheureux ou étrangers sont enterrés sans cérémonie.
Le casque de Katon.