Il en est de même des jeunes filles ou femmes mortes sans avoir eu d’enfants : leur enterrement a lieu de suite et sans cérémonie. Il est même difficile de trouver des femmes qui veuillent bien procéder aux ablutions, car cette mort doit engendrer toutes sortes de maux sur les personnes qui se mêlent d’une façon quelconque à la cérémonie.

Parmi les hommes assistant à l’enterrement des gens de Katon, j’ai vu un jeune homme porter un casque bien original. Il était en bois noirci au feu et fait d’une seule pièce ; sur le devant il y avait une sorte de niche dans laquelle se trouvait sculptée en relief une image représentant un homme, bras et jambes écartés ; de chaque côté de cette niche partait une grande aile ou corne de 40 centimètres environ sur laquelle étaient peints des carrés blancs formant damier avec le bois noir, enfin le cimier était surmonté d’une sculpture représentant un cavalier et sa monture. Le tout était très grossièrement travaillé et assez symétrique.

Katon est composé de deux villages, séparés par un joli ruisseau, affluent du Banifing de Loufiné. La population totale, composée de Dioula et de Siène-ré, s’élève à environ 800 ou 900 habitants.

Je restai campé contre le tata du village, bien que quelques habitants soient déjà venus me prier de m’installer à l’intérieur ; je m’excusai en donnant comme prétexte la crainte de les déranger dans leur fête, puis j’allai, comme la politesse locale l’exige, rendre visite aux parents du défunt. On m’apporta dans la soirée un agneau, des ignames et une vingtaine de litres de dolo de maïs.

Vendredi 13 janvier. — De Katon à Dioumanténé, où nous devions nous arrêter, il n’y a que deux heures de marche. On ne traverse qu’un très petit village, entouré de rizières, qui se nomme Tiémédougou. Je ne suis pas fier sur mon bœuf porteur : jusqu’à présent je tombe régulièrement quatre ou cinq fois de suite au moment de me mettre en route. C’est que la peau de l’animal est excessivement mobile, et au moindre faux pas les deux ballots qui me servent de selle tournent et je tombe sous le bœuf, malgré les efforts que je fais pour me cramponner à sa bosse.

A quelque chose malheur est bon, car ce matin j’ai fait une chute dans un champ de ntokho, ce fruit que j’ai vu vendre sur le marché de Fourou.

Le ntokho pousse en terre. Ses tiges ont environ 40 à 50 centimètres de hauteur et sont jonciformes. Les feuilles ressemblent à celles des graminées.

Le fruit est un peu plus gros qu’une arachide ; il est sans coque, souvent bosselé, et d’une couleur bistre et quelquefois brune. Il se gonfle dans l’eau en augmentant de volume. Le suc est laiteux. Son goût est agréable et sucré.

Il est très fréquent en Espagne et en Portugal, j’en ai même vu depuis ma rentrée en France. C’est le Cyperus esculentus. C’est avec ce produit que l’on fabrique l’orgeat.


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