Le village est bien pourvu en volailles, il possède quelques moutons et des chèvres, mais il y a peu de vaches, Tiéba ayant tout enlevé.

Le maïs et les différentes variétés de mil coûtent 5 à 6 centimes le kilo. Pour 80 cauries on achète cinq à six litres de dolo. Les chiens sont très rares ici ; ceux que j’ai vus, au lieu d’être roux à poil ras, sont entièrement noirs. Il y en a aussi d’une race beaucoup plus grande et plus forte, de couleur roux sale zébré de noir.

Le tata a 3 m. 50 de hauteur ; il est pourvu intérieurement d’une banquette en terre pouvant recevoir deux rangs de tireurs. En en faisant le tour je me suis trouvé dans une jolie bananeraie qui renferme environ un millier de pieds de bananes ; je me promettais déjà d’en demander à mon hôte, mais après examen j’ai constaté qu’aucun régime ne serait mûr avant un mois ; c’est la première fois que je rencontre ce fruit depuis mon départ de Bammako.

Vue de Diounanténé.

Les Mandé-dioula qui sont fixés ici font tisser par leurs captifs de la cotonnade blanche rayée de bleu analogue à celle de Fourou ; dans le village où j’ai campé il y avait dix-sept métiers en activité.

Le coton se cultive ici, il y a des champs partout, mais je n’ai vu nulle part de l’indigo ; le village cultive aussi du maïs et différentes variétés de mil et de sorgho, quelques arachides et beaucoup de riz.

Le marché, qui se tient le mercredi, est très fréquenté et beaucoup plus important que celui de Loufiné, qui a lieu le jeudi. J’ai eu beaucoup de peine à décider le vieux Ouattara et le soi-disant guide à partir demain matin : ils ont une peur atroce des gens de Tiéba, dont il faut traverser le chemin de ravitaillement entre Nafégué à Karamadara. Ce chemin relie Mbeng-é et Ngokho à Sikasso.

Devant une telle peur et des craintes aussi peu justifiées je suis amené à leur dire que je me passerai d’eux et qu’il me suffit d’un homme pour me mettre dans le bon chemin.

Samedi 14 janvier. — Le départ a lieu vers sept heures du matin seulement ; mes compagnons de voyage se font tirer l’oreille, et c’est avec méfiance et crainte qu’ils se mettent en route. J’organise un peu la marche du convoi, car nous sommes en tout une cinquantaine de personnes ; je prends la tête avec mon domestique, des femmes, des enfants et quelques hommes armés, se rendant à Niélé. Les ânes suivent à quelques pas en arrière sous la conduite de mes hommes et la surveillance de Diawé.