De retour du Ganadougou, Tiéba s’empara du Pomporo et poussa ses conquêtes jusque dans le Niéné et le Kantli, en s’emparant de Papara.
Enfin, en 1884, 1885 et 1886, les incursions que firent ses troupes sur la rive gauche du Bagoé donnèrent naissance à la guerre de Samory, dont l’épilogue est le siège de Sikasso.
Tiéba est un homme de trente-cinq ans ; il a la réputation d’être très intelligent. Un homme du Dafina qui le connaît particulièrement m’a donné sur lui les détails suivants : Il est vêtu généralement de blanc. Dans les audiences qu’il donne et dans les palabres, il est toujours accompagné de sa première femme, qui s’assied à côté de lui. Tiéba inspire une grande terreur à tous ceux qui l’approchent, et ses décisions sont, paraît-il, irrévocables. Il est d’une générosité proverbiale et il n’y a pas de jour où il ne fasse une largesse.
Dans les réunions, quand Tiéba fait mine de cracher, tout le monde se précipite vers lui en étendant son doroké pour y recevoir le crachat royal. Quand le palabre est terminé, Tiéba rentre chez lui, change de vêtement et donne le costume qu’il vient de quitter au courtisan dont il a souillé le boubou. Il y a des jours où le roi crache beaucoup : c’est alors tout bénéfice pour l’auditoire ; mon informateur m’a affirmé que dans une seule matinée il avait vu le fait se renouveler sept fois.
Les limites du pays de Tiéba sont :
Au nord, le Diomadougou et le Bendougou, qui ont accepté le protectorat de Tiéba ;
A l’est, les États de Kong ;
Au sud, le Follona ;
A l’ouest, les États de Samory.
Les États de Tiéba se divisent en pays soumis et administrés directement par Tiéba et en pays de protectorats.