1o Le Diomadougou était, il y a une dizaine d’années, gouverné par un chef bambara : nommé Faffa, et son pays se nommait Faffadougou ; actuellement, son frère Dioma lui ayant succédé, le pays s’est appelé Diomadougou. Mais on le désigne encore quelquefois par son ancien nom et très souvent sous le nom de Dolondougou.

La résidence de Dioma est Kinian, gros village situé entre le Bagoé et le Kouoro-ba. Pendant le siège de Sikasso, Dioma a été un précieux auxiliaire pour Tiéba, en coupant à peu près régulièrement la ligne de ravitaillement de Samory et en lui enlevant ses convois.

Nous avons raconté comment les guerriers bambara de Dioma venaient faire des incursions jusqu’à Saniéna (aux environs de Komina).

Le Bendougou semble être bien peuplé ; on y rencontre de très grands centres, connus de presque tous les marchands de la boucle du Niger ; tels sont Kônina, Ména, Ntia, Karagouana et surtout Bla, qui semble être le centre commercial le plus important de la région. Il s’y fait surtout un grand commerce de sel.

Par sa position, cette ville peut recevoir le sel de Tichit viâ Ségou, et celui de Taodéni viâ Mopti et Djenné. Les marchands ne manquent jamais de parler de Bla comme d’un centre offrant pour eux de réelles ressources.

Au nord-est de Bla et vers les chemins qui mènent aux points de passage du Bagoé vers Djenné, se trouve un autre centre, ayant, lui, une importance militaire. C’est Sofalaso, sorte de place avancée créée par Ahmadou et dans laquelle son fils Madané a conservé une garnison. San est également un centre très fréquenté.

Les autres agglomérations importantes du Bendougou sont Yankhaso, Diakourouna, Mpésoba, Kourouma et Diaramana. Chacun de ces villages serait formé d’un groupement de 80 à 100 petits villages de 150 à 200 habitants chacun, ce qui porterait le chiffre de la population d’un de ces centres à 15 ou 20000 âmes, chiffre qui me paraît évidemment exagéré. En faisant part de l’exagération dans laquelle tombent les noirs quand ils citent des chiffres, on peut ramener la population du plus grand centre du Mienka à 5 ou 6000 habitants ; c’est déjà très raisonnable pour des régions soumises à tant de vicissitudes. Ces gros villages sont en quelque sorte des confédérations, des agglomérations dans le genre de celles que l’on trouve chez les Egba, comme Abéokouta, mais moins populeuses. Chacune d’elles comprend un ou plusieurs chefs, dont la décision, sans qu’elle soit souveraine, est cependant d’un grand poids dans les résolutions de l’assemblée des anciens.

Mpésoba comprend 50 villages. Les chefs les plus influents se nomment Bala et Naniankoro. Kourouma a 60 villages, Diakourouna 50, Diaramana 150 et Yankhaso 100. Nsangué et Fâkoro sont les chefs qui jouissent de la plus grande influence à Yankhaso.

2o Le Kantli, le Moro et le Niéné constituent ce que nous pouvons appeler le pays de Tengréla. Nous avons vu au chapitre III (Samory) comment ces provinces avaient, à un moment donné, fait un semblant de soumission à Amara Diali, griot et lieutenant de Samory, et comment le pays avait secoué rapidement ce joug en chassant les sofa de Samory. Elles ont reconnu ensuite le protectorat de Tiéba. Pendant la guerre contre Samory, Tengréla a entretenu un fort contingent à Sikasso et n’a cessé de fournir un ravitaillement en vivres aux assiégés.

Le Kantli a comme centre principal Tengréla.