Les empreintes qu’il laisse sont très larges. Ses pattes de devant sont excessivement puissantes, et presque de la grosseur d’un sabot de cheval. Il n’a pas de griffes et son sabot est fendu.
Cet animal a été signalé par El-Békri, et Barth prétend qu’il ne vit que dans l’eau. Les indigènes m’ont affirmé, au contraire, qu’il vivait presque exclusivement sur la terre. On le rencontre surtout dans les grottes et les anfractuosités de rochers.
Les konsonkansan vivent par paire. Quand l’un des deux meurt, le survivant vient tous les jours une ou deux fois à l’endroit où son compagnon est mort.
Diawé en a vu un mort et un vivant à Séfé dans le Kaarta, et un de mes hommes possédait deux écailles de konsonkansan qu’un forgeron avait défaites en sa présence du dos d’un de ces animaux ; il y attachait un grand prix et n’a jamais voulu me les céder, tant il avait foi dans leur vertu.
Lundi 16 janvier. — Le terrain change d’aspect. A la monotonie de la plaine succèdent de petites croupes boisées, séparées les unes des autres par des vallons pleins de verdure. Dans quelques-uns de ces vallons il y a de l’eau, ce qui attire beaucoup de gibier ; pendant toute la matinée on entend crier en mandé et en siène-ré : « Sokho ! sokho ! kari ! kari ! de la viande ! de la viande ! »
Mes hommes poursuivent des tankho (antilopes à bosse), des dagué (textuellement : bouche blanche), autre grande antilope connue vulgairement sous le nom de koba. Diawé tire deux coups de fusil sur un énorme éléphant, mais ce dernier continue paisiblement sa route, se contentant de se jeter avec sa trompe une grosse motte de terre sur le dos.
Sur la plupart des croupes il y a des ruines entourées de baobabs. Cet arbre me paraît être particulièrement affectionné par les Siène-ré ; ils le nomment du reste siène tchigué (l’arbre de l’homme). Ce végétal rend de très grands services aux indigènes.
Le bois du baobab ne vaut rien pour le chauffage ; il est trop spongieux pour être travaillé, mais on utilise sa cendre comme mordant dans les teintures à l’indigo et comme potasse dans la fabrication du savon. L’écorce sert à faire de la ficelle, des cordes, des filets, des hamacs, etc. La feuille est employée comme condiment dans presque toutes les sauces qui se mangent avec le to.
La coque du fruit est employée dans certaines régions comme bouteilles ; dans d’autres, on la brûle pour obtenir des cendres dans lesquelles on passe l’eau qui sert à la préparation du to ; avant maturité, elle renferme un liquide frais dont quelques indigènes sont très amateurs.
La farine blanche que renferme le fruit à maturité entre dans la préparation de quelques plats indigènes et dans quelques boissons, mélangée avec de la farine de mil ; avec le noyau lui-même, cuit, séché et pilé, on fait une sauce de conserve que l’on nomme kondoro.