Mais de dix heures à deux heures il fait une chaleur atroce : les cases étant excessivement basses et petites, la chaleur est insupportable. Je ne puis malheureusement plus me rendre compte de l’état de la température : tous mes thermomètres sont dérangés depuis mon départ de Fourou.
Pendant ma maladie, Pégué a fait prendre tous les jours de mes nouvelles, et dès que le mieux s’est fait sentir, il m’a envoyé un bœuf, du lait, des œufs, du miel, des poules, du beurre et des papayes ; en outre, on a tous les jours délivré à mes hommes du riz, du maïs ou des ignames et quelquefois du dolo.
Pégué a installé d’une façon très intelligente ses captifs dans son pays : ils sont groupés, hommes, femmes et enfants, par cinquantaine environ, sous les ordres d’un chef qui commande le togoda. Ces captifs reçoivent comme première mise quelques têtes de bétail, des animaux de basse-cour et des graines, et mettent en exploitation les terrains des environs ; chaque togoda constitue ce qu’on pourrait appeler une ferme, dans laquelle Pégué puise ses approvisionnements. Malheureusement tout cela n’est pas administré avec beaucoup de méthode : comme chez tous les noirs du reste, le gaspillage prime sur l’économie.
Un togoda.
On cultive par ici plusieurs variétés de kou (ignames). En dehors de celles que j’ai vues à Fourou, il existe ici une espèce qui est rouge betterave quand elle est cuite, et une autre qui est jaune melon. Le maïs, de plusieurs variétés, est de qualité inférieure ; les patates sont d’un rouge foncé et de très bonne qualité. On ne cultive qu’une variété de mil, le sanio (petit mil blanc en épi) et une de sorgho, le bimbiri (gros sorgho rouge).
Toutes ces denrées sont emmagasinées en grappes ou en épis, ce qui nécessite de grandes quantités de magasins. Dans la plupart de ces villages de culture il y a plus de greniers que d’habitations. Ces greniers sont de même construction que ceux que j’ai décrits à Kouroula, mais de dimensions beaucoup plus grandes.
J’ai remarqué beaucoup de cé (arbres à beurre) dans les environs, mais l’arbre le plus répandu par ici est le netté ou néré : Parkia biglobosa. C’est un arbre de ressource pour l’indigène : la farine jaune que contiennent les cosses sert d’aliment et ses noyaux servent à confectionner le soumbala ou simbala, qui constitue la base de presque toutes les sauces. (Voir le [chapitre Mossi.])
Parkia biglobosa.