- Kourila. Chef : almamy Sitafa Sakhanokho.
- Soumakhana. Chef : Karamokho-Oulé Ouattara, souverain des États de Kong.
- Daoura. Chef : Karamokho Moukhtar Traouré.
- Sakhanokhora. Chef : Mfa Sabana Barou.
- Kérou. Chef : Diarawary Ouattara, chef de Kong.
- Sakhara. Chef : Yaya Konaté.
- Sisséra. Chef : Séri Dandé.
- A Marabassou, l’individu le plus influent se nomme Sory Traouré.
Une vue de Kong.
Kong est une ville ouverte, ayant la forme d’un grand rectangle et s’étendant de l’est à l’ouest, ayant toutes ses habitations construites en terre, à toit plat. Au centre de la ville se trouve la place du Marché, qui a environ 500 mètres de longueur sur 200 mètres de largeur ; comme les cinq ou six arbres qui s’y trouvent ne donnent pas suffisamment d’ombre, beaucoup de marchands se sont construit des échoppes en paillote assez confortables, dans lesquelles ils se tiennent les jours de grand marché.
La ville est divisée en sept quartiers ou qbaïla, ڧبيل, qui portent le diamou des habitants qui y logent en majorité, exemple : la qbaïla Daoura ou quartier Daoura, veut dire le « quartier des Daou », ra étant un affixe qui signifie « des ».
Outre les sept quartiers, il y a encore de petits groupes d’habitations, séparés du gros de la ville par des jardins ; ce sont, en quelque sorte, des faubourgs. Au nord Kokosou[51] (groupe de villages) fait partie du quartier Sakhara ; à l’est Marrabasou[52] (groupe de trois villages) fait partie de la qbaïla Soumakhana.
La ville n’est pas bâtie régulièrement. Les ruelles sont tortueuses et étroites. Sur quelques petites places il y a un ficus, un dattier ou un bombax couronné de nids de cigognes ; çà et là on trouve aussi des terrains vagues desquels on a extrait de la terre à bâtir. Les moutons, les chèvres et la volaille errent dans les rues, et partout où il y a un petit espace libre on s’en est emparé pour y construire des cages de tisserands. Dans le quartier de Daoura et à Marrabasou, sur les petites places et dans les carrefours, il y a 150 fosses à indigo qui répandent une très forte odeur. Ces fosses sont des puits ronds de 1 m. 80 à 2 mètres de profondeur sur 1 m. 20 de diamètre. Les parois sont rendues imperméables par un enduit de ciment ou de pouzzolane fabriqué à l’aide de terre calcinée. Entre la ville et les faubourgs il y a des jardins où l’on cultive du mil, du maïs ou du tabac. Ces jardins sont tous clôturés par une haie en pourguère. Aucune habitation ne mérite une description particulière.
Il y a cinq mosquées à Kong. L’une est commune à toute la ville et se trouve sur la place du Marché ; on la désigne sous le nom de Misiriba[53].
Ces mosquées ont deux minarets et sont en tout semblables à celle que j’ai décrite à Lokhognilé. La principale seule a des dimensions beaucoup plus grandes : elle mesure 20 à 25 mètres de côté. Devant sa face sud s’élève une pyramide en terre de 2 mètres de hauteur ; j’ai supposé d’abord que c’était la tombe d’un marabout vénéré, mais tout le monde m’a affirmé que non, que cela ne signifiait rien.
Les trois qbaïla qui n’ont pas de mosquées ou minarets ont chacune une grande case où se font les prières et dans laquelle ont lieu les réunions des musulmans lettrés ; on les nomme ici bourou. Marrabasou et Kokosou ont chacun un bourou seulement.