Le costume national des habitants de Kong consiste, pour les hommes, en une culotte très large sans plis, tombant à 10 centimètres environ au-dessus de la cheville. Le bas des jambes est toujours orné de quelque broderie en coton rouge ou blanc. La culotte est rayée bleu blanc rouge, ou bleu et blanc ; elle est toujours faite en cotonnade indigène. On peut dire que ces trois couleurs sont les couleurs nationales de Kong. Le doroké, ou surtout, est long. La poche et le tour du col sont en général ornés d’une broderie dite lomas ; cette broderie est en coton blanc, ou rouge ou blanc, ou encore en soie ; on la nomme alors hanniki-lomas[58]. Par-dessus le doroké, ou jeté négligemment sur les épaules, se porte le burnous, appelé ici bouroumousso. Il est confectionné soit en kassa (laine provenant de Djenné) soit en forte cotonnade blanche ou bleue fabriquée à Kong[59]. La bordure est en franges de couleur différente, ainsi que les ornements du capuchon. Quelques burnous en laine sont teints en jaune à l’aide de saouaran (safran).

Comme coiffure, les gens aisés portent la chéchia de tirailleur ou encore le bonnet en velours ; mais la coiffure que l’on voit le plus fréquemment est le bonnet napolitain en cotonnade rouge fabriqué dans le pays ; il remplace le bonnet à deux pointes dit bammada (gueule de caïman) porté dans le Pomporo et le Follona. Les jours de fête, celle coiffure est complétée par un turban blanc ou bleu. Tout le monde sans exception est chaussé de bottes jaunes, de babouches ou de sandales faites ici.

J’ai vu quelques chaises en palmier ban, mais le siège favori est la natte dite débé, en fibres de ban, et mieux encore le kassa, en laine blanche du Macina, qui est étendu par terre et sur lequel on place un coussin en cuir rembourré avec la soie du bombax ou du bougou ou boumou.

Quand les anciens circulent dans la ville, ils sont munis de la canne ferrée du pèlerin ou de la lance ; sur l’épaule droite ils portent leur trousseau de clefs en bois, un long couteau de boucher, et une serviette végétale avec laquelle ils s’épongent la figure. Cette serviette n’est autre chose que l’écorce bien battue d’un arbre appelé fou, qui pousse un peu plus dans le sud, dans l’Anno.

Le Mandé-Dioula de cette région est un grand bel homme du type de nos Wolof de Saint-Louis, mais le port de la chéchia, de la barbe, de la moustache ou du fer-à-cheval lui donne un air de vieux soldat d’Afrique. On croirait voir de nos vétérans.

Le costume de la femme se compose d’une pièce d’étoffe enroulée autour des reins (le pagne) et tombant jusque sur le cou-de-pied. Sa hauteur est de douze, treize ou quatorze bandes de 10 centimètres ou 1 m. 20, 1 m. 30, 1 m. 40 ; sa largeur est invariablement fixée à 1 m. 75. Les pagnes les plus estimés sont les ponguisé et kébéguisé à dessins rouge et blanc, avec filets jaune et bleu, ou encore le pagne uniformément bleu indigo ; ce dernier se termine toujours par une bande rouge dans le bas. Le prix d’un de ces pagnes varie de 8000 à 15000 cauries (16 à 30 francs), mais il y en a à bien meilleur marché : on en trouve de fort coquets à partir de 5 francs.

Les épaules sont couvertes d’une pièce d’étoffe blanche ou teinte à l’indigo ; ce tissu très léger est fait pour imiter la gaze ou le voile, mais il ressemble plutôt comme travail à de la toile d’emballage. Les femmes portent aussi de la cotonnade européenne et du calicot non écru teint à l’indigo.

Les coiffures sont naturellement très variées. La plus répandue consiste en un cimier très aplati et une touffe de cheveux en boule sur le front, qui est toujours ceint d’un fattara, bandelette d’étoffe de couleur pour les jeunes filles et noire pour les femmes mariées. Le fattara en soie noire ou coton et soie noire est le comble de l’élégance. Comme boucles d’oreilles, les femmes portent à chaque oreille deux petits rouleaux de corail long. Les bijoux en or se portant au cou et aux oreilles ne sont pas rares ici : j’ai vu une jeune mariée couverte d’or ; elle avait en outre une légère chaînette en filigrane d’argent enroulée autour de la figure et des cheveux.

Costumes et types de Kong.