Comme les hommes, les femmes sont toutes chaussées.
C’est dans la matinée qu’elles font les visites ; elles sont d’une politesse extrême, saluent toujours en faisant une révérence et accompagnent leur salut d’un vœu : « Que Dieu te donne une longue vie » ; « Que Dieu te rende à ton village », etc. Quand on leur fait un cadeau, elles viennent vous remercier d’abord le jour même, puis une seconde fois le lendemain avec moins de cérémonial, en disant simplement : « Ini kounou » (Merci pour hier).
Suivant que la femme est jeune fille, mariée, veuve ou divorcée, elle porte un costume différent. Ainsi les jeunes filles ne portent jamais de voile ; elles se promènent généralement le torse nu, simplement couvertes d’un pagne, ou bien se vêtent d’une coussabe toute courte descendant un peu au-dessous de la taille.
Les femmes mariées portent toutes le voile, mais sans se couvrir la figure ; il est simplement placé sur la tête comme une mantille.
Quant aux veuves ou femmes divorcées, elles portent une grande coussabe d’homme, ce qui les fait reconnaître de suite.
Avant de parler du commerce et de l’industrie à Kong, il est nécessaire d’entrer dans quelques détails sur la façon de compter et sur la valeur des cauries, de l’argent et de l’or.
Pour les achats en cauries, on se sert des appellations suivantes :
- Une caurie : kékié.
- Deux cauries : pigo.
- Trois cauries : din-saba.
- Quatre cauries : din-nani.
- Cinq cauries : din-loulou.
- Six cauries : din-ouoro, etc.
- Dix cauries se dit : porokho.
- Vingt cauries : togo, ou moukhan.
- Pour les dizaines au-dessus de 20 jusqu’à 100, on fait précéder le nombre de dizaines par le mot daba ou dava[60]. Ex. : dabaouoro, 60 (dizaines, six), dava ségui (80), etc.
- 100 se dit indifféremment davatan ou kémé ; employé après le mot sira (200), 100 se dit kourou.
- La vraie grande unité pour exprimer de gros nombres n’est plus le ba des Bambara, qui est inconnu ici, c’est le sira = 200 et le mokho[61] (20.)
- Pour dire 565 par exemple, on dira : sira foula ni mokho ségui ni din-loulou, 200 × 2 et 20 × 8 et 5.
- Pour dire 300 par exemple, on dit : sira kili ni kourou 200 et 100.
- Le sira mokho foula vaut 200 × 20 × 2 = 40 sira ou 8000 cauries.
- Le sira mokho saba vaut 200 × 20 × 3 = 60 sira ou 12000 cauries.
- Le sira kémé vaut 200 × 100 = 20000 cauries.
- Le sira kémé loulou vaut 200 × 100 × 5 ou 100000 cauries.
- Le sira ourou kili vaut 200000 cauries.
- Le sira ourou foula vaut 400000 cauries.
- Le sira ourou loulou vaut 1 million de cauries.
- Le sira ourou tan vaut 2 millions de cauries.
- Quand un chiffre atteint presque une centaine ou un multiple de 100, comme par exemple 392, on l’exprime par 400 moins 8.
Le crédit existe à Kong d’un grand marché à un autre (cinq jours), et le vendeur est tenu de venir compter et chercher les cauries chez l’acheteur ; ils pensent avec juste raison que le vendeur ayant le bénéfice doit aussi avoir la peine.
Le Mandé est d’une rare adresse pour compter les cauries. Accroupi par terre, il étale devant lui le contenu du sac ; puis, avec une dextérité incroyable, en les prenant par 5, il fait d’abord des tas de 200 cauries (sira kili) ; quand il en a 10, il les réunit encore par tas, ce qui lui fait des lots de 2000 (sira tan).