Je l’ai essayé dans une fièvre bilieuse hématurique ; mais ses effets ne m’ont pas paru d’une action diurétique bien marquée ; il m’a pourtant semblé, au moment où l’absorption immodérée de quinine m’avait donné des palpitations de cœur, que le kola m’a fait un bien réel.

Je l’ai employé avec succès contre une diarrhée rebelle, mais n’ai observé aucun effet aphrodisiaque. Ce qui est acquis, c’est qu’il énerve et produit sur quelques personnes l’effet du café noir très fort.

C’est un médicament d’épargne ; il est probable qu’avant peu on saura tirer parti de cette précieuse plante et de ses alcaloïdes, et que bientôt ses principes seront introduits dans certaines préparations alimentaires destinées au cheval et à l’homme en campagne.

Le nom scientifique du kola est Sterculia acuminata (kola rouge) et Sterculia macrocarpa (kola blanc) ; les indigènes le nomment gourou, ourou. Ces deux variétés se subdivisent en plusieurs autres.

Le kola existe à l’état spontané sur toute la côte occidentale d’Afrique, on le trouve jusque par 10° de latitude nord, mais il reste stérile par cette latitude. Son véritable habitat est compris entre 6° et 7° 30′ de latitude pour les régions qui nous occupent.

Vers Sierra Leone et le Ouorocoro, le kola stérile est signalé par 10°, tandis que dans les régions que j’ai visitées, j’ai rencontré le premier arbre à kola (stérile) dans le Coranza, près de Kintampo, par 8° 5′, et près de Groumania dans l’Anno (8°).

Les premiers arbres en rapport se trouvent à Kamélinso (près Groumania, par 7° 50′) et les derniers près d’Attakrou, par 7° ; la zone où l’arbre est en plein rapport semble donc être très limitée et comprise entre le 7° et le 8° pour l’Anno et le Ouorodougou.

Bien que je n’aie pas visité ce dernier pays, il m’a été donné de calculer assez facilement par quelle latitude se trouvait le kola. De Tengréla partent des itinéraires, bien connus des marchands, sur Touté, Siana, Kani et Sakhala.

Les deux premières localités se trouvent, d’après les indigènes voyageant avec des ânes chargés (faisant 16 kilomètres en moyenne par jour), à environ 25 jours de marche, à peu près 350 kilomètres dans une direction sud-sud-ouest, ce qui place ces marchés par 7° 40′ de latitude nord. Sakhala, d’après les mêmes calculs, se trouverait par 7° 20′.

Mais nous avons vu au chapitre Samory ([III]) que ces marchés étaient situés à une trentaine de kilomètres au nord des lieux de production ; nous pouvons donc en inférer que les kola se trouvent environ par 7° 15′.