Dans l’Achanti, l’habitat du kola est sensiblement le même ; les missionnaires de Bâle et le docteur Mähly, qui ont exploré la basse Volta, signalent le kola dans l’Akam et l’Okouawou ; or ces deux régions se trouvent précisément entre 6° 30′ et 7° 30′ : on peut donc en déduire que le kola se trouve en plein rapport dans une zone comprise entre 6° 30′ et 7° 30′ et, par extension, dans certaines régions du 6° au 8° ; qu’à l’état isolé et stérile il est rencontré jusque par 10° de latitude nord.

Nous avons dit à propos du kola du Ouorodougou, dans le [chapitre Samory,] quelles sont les diverses variétés que l’on récolte dans cette région.

Sur le marché de Kong on en voit deux espèces : le kola blanc de l’Anno (Sterculia macrocarpa) et le kola rouge de l’Achanti (Sterculia acuminata).

Le kola blanc de l’Anno est de deux variétés : l’une d’un blanc jaune pâle, analogue à la couleur du kola de Sakhala du Ouorodougou, mais plus petite que ce dernier ; l’autre, de même grosseur, ne diffère que par sa teinte d’un rose si pâle qu’il n’est pas classé dans le kola rouge par les indigènes ; on le vend mélangé aux blancs sans différence de prix, ce qui n’aurait pas lieu s’il était plus foncé, car le kola rouge est toujours plus cher que le kola blanc de même grosseur.

Le goût du kola de l’Anno est bien moins fort que celui du kola rouge, mais il renferme une teinture rouge, qui est usitée par l’indigène en concurrence avec celle du kola rouge. Comme teinture, le kola blanc de l’Anno a donc les mêmes qualités que le kola rouge de l’Achanti.

Ce kola est récolté en février, en juin et en octobre ; les fruits de février se gâtent assez rapidement, tandis que les récoltes de juin et octobre se conservent plus facilement ; ce kola, cependant, ne peut supporter de bien longs trajets, il se conserve au maximum et avec des soins pendant cinquante à soixante jours.

A Groumania, un ourou-fié (calebasse de kola, 200 fruits) coûte 200 cauries ; à Kong, un fruit se vend 2, 3, 4 et jusqu’à 12 cauries, suivant la grosseur. A Djenné, cette variété n’est pas beaucoup goûtée par les indigènes, de sorte que son prix n’en est jamais assez élevé pour qu’il y ait avantage à le transporter au loin. Aussi ce fruit ne dépasse-t-il guère Bobodioulasou, Léra, Niélé, Oua et Bouna. Il est vendu contre des cauries, avec lesquelles les marchands de Kong se procurent surtout du coton en vrac, de l’indigo, des piments rouges ; c’est le kola de la vente au détail, celui dont le prix est abordable pour la classe moyenne de la population.

Ce kola de l’Anno va aussi beaucoup à Salaga. Ce marché n’est pas du tout bien alimenté de kola de l’Achanti, et les gens de Kong trouvent toujours à y écouler les kola de Mango.

Les missionnaires de Bâle et le docteur Mähly prétendent qu’une charge de kola de l’Okouawou vaut à Salaga de 37 à 38 francs ; c’est une grosse erreur.

Une charge de kola (2500) vaut bien davantage ; à Salaga, le kola le meilleur marché coûte 40 cauries, et une charge coûte 100000 cauries, qui représentent 120 francs.