Jusqu’à présent les expériences faites en France sur l’emploi du kola ont donné peu de résultats : cela tient à ce que l’on se sert de kola desséché. Il serait cependant bien facile d’en faire venir de frais, en se servant de l’emballage en feuilles dont je viens de parler.

Les kola arrivent frais à Tombouctou et à Kano, ce qui leur fait un voyage minima de trois mois. Nous sommes donc plus près du kola que nous ne pensons, puisque de l’Anno à Grand-Bassam il y a à peine un mois de voyage, ce qui le met à six semaines de France et même à un mois si l’on veut sérieusement s’en occuper.

Plantation de kola.


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Le sel qui se vend ici est plus fin et plus blanc que celui qui passe en transit à Bammako venant de Tichit, de la sebkha d’Idjil et d’autres mines de sel gemme du nord du Bakhounou ; la barre de sel est aussi plus grande. Il vient des mines de Taodéni par El-Arouan et Tombouctou.

On vend aussi ici du sel marin de Grand-Bassam, de la Côte-d’Or anglaise et du sel de Daboya (Gondja).

En dehors du kola, les gens de Kong portent encore quatre autres articles à Djenné pour y acheter du sel et les burnous en laine ; ce sont, par ordre d’importance :

1o Le tissu rouge et blanc fabriqué en bandes à Kong et cousu par les femmes en pagnes de 12, 13, 14 et 15 bandes. Ce pagne, qui est un vêtement de luxe pour les femmes de Kong, l’est aussi à Djenné et surtout à Tombouctou où on le nomme el-harottaf. A Kong, suivant les dessins, il porte les noms de babouroumosi, kébéguisé, ponguisé et dadji[62].

Ces pagnes valent ici, suivant le dessin et surtout la grandeur, de 8000 à 15000 cauries. A Djenné, un pagne de 10000 cauries vaut une barre de sel.