Cette étoffe est exclusivement fabriquée à Kong ; le fil de coton rouge est acheté par eux à Salaga ou à Bondoukou ; quand il fait défaut, ils achètent des foulards rouges et les font effiler par les enfants afin d’en utiliser les fils ; partout, dans les rues, on voit des gamins occupés à cela ; ils gagnent 10 cauries par foulard.
2o Le piment rouge (provenance de Niélé, du Follona, de Léra).
3o Le niamakou, espèce de poivre renfermé dans des coques de la dimension de grosses noix ; il est très estimé à Djenné et à Tombouctou ; ce condiment entre dans la composition de tous les plats de viande et des sauces. Il provient du Djimini, de l’Anno et du Gottogo ou Bondoukou.
4o L’or. Il n’est porté que fort peu de poudre d’or à Djenné, les gens de Kong ne tenant pas à s’en défaire. La majeure partie de la poudre d’or qui se trouve entre les mains des gens de Kong provient du Lobi, où on se la procure en échange de cuivre en barre ou d’esclaves, à bien meilleur compte que dans le Gottogo.
Sur Bobo-Dioulasou s’exportent en plus des mêmes articles que sur Djenné :
1o Un pagne pour femme, confectionné en mauvais calicot écru (provenant de Salaga). Cette pièce d’étoffe, composée de deux longueurs de 1 m. 75 cousues ensemble afin d’obtenir une plus grande largeur, est ourlée avec des fibres de palmier ban de façon à former des plis que l’indigo n’attaque que faiblement. Quand ce pagne est teint, il présente ainsi une série de petites raies d’un bleu azur, tandis que le fond du tissu est bleu indigo sombre.
Ce tissu est acheté à Salaga à très bon marché (60 centimes le mètre) ; le prix de revient d’un pagne pour les gens de Kong est de 2 fr. 10 ; prix de l’étoffe, confection et teinture, 80 centimes : total, 2 fr. 90.
A Kong même, le pagne se vend sira-tan = 2000 cauries ou 4 francs.
2o Le voile dont j’ai parlé à propos du costume des femmes à Kong.
Ces deux articles sont surtout échangés à Bobo-Dioulasou contre la ferronnerie, bêches, haches, lances de luxe, marmites en fer battu, etc., venant du pays de Tiéba et fabriqués par les Tousia et les Tourounga, peuples situés à l’ouest des Komono et des Dokhosié. Dans les environs de Kong il n’y a ni fer ni forgerons.