La vente de mes deux bœufs porteurs et de trois ânes[66] produisit en outre 128000 cauries. J’obtins ainsi un excédent de recettes de 200000 cauries, avec lequel j’achetai vingt pagnes rouges, dits ponguisé. Ces pagnes, me dit-on, sont très estimés dans le Mossi, et il est facile de les convertir avec quelque bénéfice en cauries.

L’aisance des habitants est manifeste ici ; on peut vendre des étoffes, soieries, florences, algériennes, gazes, jusqu’à 10 et 15 francs le mètre ; il en est de même des haïks, gandouras, turbans, burnous, etc., qui peuvent se vendre excessivement cher. J’ai dû nier avec la plus grande énergie que je possédais quelques-uns de ces articles, sans quoi il aurait fallu m’en défaire ; mes amis seraient venus insister auprès de moi pour me les faire céder.

On m’a beaucoup demandé aussi le tapis de Stamboul, le Coran, les autres livres saints, le foulard algérien, soie et or, dit lagan, les ombrelles, lunettes, revolvers, bougies, et même des montres, des balances et des mètres. Je puis dire qu’il est possible de vendre presque tout ce qu’on veut ici, à la condition de pouvoir en démontrer l’utilité et l’emploi.

Les acheteurs ont été assez raisonnables pour ne pas marchander, mes vendeurs ayant dès le premier jour posé en principe le prix fixe.

Voici une liste des articles demandés le plus souvent :

Soie à broder de toutes nuances en écheveaux ;

Livres saints, Corans, Évangiles, Pentateuques, Traités de jurisprudence, etc. ;

Drap ordinaire (rouge surtout, dit mourfi) ;

Du corail creux en grosses branches ;

De l’antimoine ;