Plus intelligents que les autochtones, très actifs et généralement musulmans, ils ne tardèrent pas à se créer de belles situations dans le pays et à acquérir de l’influence.
Les Kouroubari fondèrent et occupèrent Limbala. Tandis que les Ouattara du nord s’établissaient solidement à Ténenguéra, Kawaré, Bogomadougou, une autre branche de Ouattara, venue du Ouorodougou, traversa le Kouroudougou[69], s’établit dans le Diammara et bientôt vint dans le Djimini.
Le premier Mandé-Dioula qui jouissait d’une influence réelle fut Fatiéba Ouattara, auquel succéda Bagui Ouattara, qui eut lui-même pour successeur Sékou Ouattara, grand-père de Karamokho-Oulé, chef actuel.
Sous le règne de Sékou, les Kouroubari avaient réussi à fixer leur résidence dans Kong même, mais ils n’y étaient pas les maîtres. Profitant d’un jour de grand marché, et de connivence avec les Kouroubari, les Ouattara de Ténenguéra, ayant à leur tête Sékou, et comme alliés les Barou et les Daou, s’emparèrent de la ville par un hardi coup de main, massacrèrent les chefs des Falafalla et substituèrent leur pouvoir à celui des autochtones.
L’avènement de Sékou Ouattara date environ de la fin du siècle dernier.
A sa mort, ses douze fils se partagèrent le pouvoir et s’établirent un peu partout, mais surtout sur les grandes routes rayonnant vers Kong. L’un d’eux, généralement le plus âgé, exerçait le pouvoir suprême.
Depuis une quarantaine d’années, le pouvoir est entre les mains de Karamokho-Oulé Ouattara, et sa résidence est Kong.
Diarawary, chef de village, est un Ouattara également, mais pas de la famille des souverains de Kong ; il ne descend ni de Fatiéba, ni de Sékou. C’est un Mandé d’origine Veï ou Kalo-Dioula, comme on les nomme ici, et il appartient à une famille influente du Diammara (pays situé entre le Djimini, le Tagouano et le Kouroudougou).
Il exerce les fonctions de maire, et est secondé par les sept chefs de qbaïla, qui sont en quelque sorte des maires d’arrondissement. Ils tranchent les différends que ceux-ci n’arrivent pas à régler et en réfèrent à Karamokho-Oulé pour les questions graves, peines capitales, expulsions, etc.
Karamokho-Oulé est un petit-fils de Sékou Ouattara. Son père, Gouroungo Dongotigui, appelé aussi Bagui, habitait Kimini, près Léra. Par ordre d’âge, il est le plus vieux des petits-fils de Sékou après Soukouloumory, qui n’a pas le pouvoir, pour des causes dont nous parlerons plus loin.