Son teint clair, presque celui d’un Peul pur sang, lui a valu le surnom de Oulé (rouge). Il est de taille moyenne, porte un beau collier de barbe blanche et a une figure tout à fait sympathique ; ses traits ne sont pas ceux d’un nègre, ni son intelligence non plus.
Dans le tableau généalogique de la famille des Ouattara que je donne ci-contre, on remarque que Sékou a laissé de nombreux descendants répartis sur tout le territoire, et qui ont tous un petit commandement, ce qui ne les empêche pas de reconnaître l’autorité absolue de Karamokho-Oulé et de la djemmâa de Kong, sorte de conseil des anciens dont Karamokho-Oulé est le président et le pouvoir exécutif.
Il veille à ce que ses parents ne se livrent pas au pillage et n’engagent aucune guerre ; aussi peut-on dire que, grâce à cet homme intègre et juste, estimé et aimé de tous, les États de Kong vivent dans la plus parfaite quiétude. On ne connaît pas d’ennemis à ce brave chef.
Il exerce le droit de haute justice ; mais avant de prendre une décision il en réfère toujours au conseil des anciens.
Les Mandé-Dioula de Kong ont une horreur instinctive de la guerre, qu’ils considèrent comme déshonorante quand il ne s’agit pas de défendre l’intégrité du territoire. Leur force armée réside surtout dans l’emploi des guerriers de leurs vassaux, les Komono, Dokhosié, Lobi, etc. Karamokho-Oulé n’a qu’une cinquantaine de guerriers à Kong, ils lui servent de courriers et vont porter ses ordres. Par sa simple volonté, tout le pays se lèverait, tellement cet homme a su conquérir les sympathies et l’estime de tous.
Tableau généalogique de la famille des Ouattara, qui occupe le pouvoir dans les États de Kong depuis deux siècles environ.
Fatiéba, ancêtre des Ouattara.
Bagui lui succède.
Sékou, chef de Ténenguéra (route de Djimini), s’empare de Kong par un hardi coup de main, succède aux Kouroubari, qui y commandaient, et disperse les Falafalla et les Nabé, autochtones de la région.
Sékou laissa douze fils (tous morts actuellement), dont voici la liste par rang d’âge :