En approchant de Dioulasou nous laissons à droite un village bobo nommé Kinimé ; peu d’instants après, nous passons devant le premier village qui fait partie de Dioulasou et l’on m’installe sur la rive droite du ruisseau, dans le village des Dioula et des Dafing.

A mon arrivée, la veuve Guimbi fait les démarches nécessaires pour me présenter au chef de Dioulasou, qui consent à recevoir ma visite, mais, comme je me dispose à entrer dans son village pour le saluer, des hommes sur les argamaces (toits plats) me crient de m’en aller immédiatement, que le chef refuse absolument de me voir et de me laisser pénétrer dans son village ; certains d’entre eux brandissent des fusils et des sabres pour me faire peur. Je n’ai qu’à m’en retourner et attendre avec patience l’arrivée de l’imam, qui doit être de retour jeudi prochain, je le prierai de me faciliter une entrevue avec le chef : peut-être que les efforts de ce saint homme ne resteront pas stériles et que je pourrai voir ce terrible chef de Dioulasou.

Des hommes sur les toits s’opposent à l’entrée du capitaine à Dioulasou.

Bobo-Dioulasou, ou Sia, ou Dioulasou, est composé de cinq villages :

Rive gauche du ruisseau.

Un village de Bobo.
Le village du chef, où habitent des Bobo etdes Dioula.
Le village de l’imam et de quelques DioulaSakhanokho.
Rive droite du ruisseau.
Le village des Dioula de Kong et desDafing.
Le village des Haoussa et des Sonninke.

Le ruisseau qui sépare ces deux groupes de villages n’a qu’un filet d’eau courante et prend sa source un peu au delà de Kinimé. Son lit est formé de larges dalles de grès et ses berges sont par endroits profondément encaissées. Il y règne continuellement une grande activité : les femmes y lavent et y puisent de l’eau, des bandes d’enfants sont en permanence en train de s’y baigner, les ânes, chevaux, etc., y sont menés à l’abreuvoir, et quantité de canards, de poules, de pintades y prennent leurs ébats. C’est cette eau que boit la majorité des habitants, car il n’existe qu’un seul puits, près de Marrabasou (village des Haoussa).

Sur la rive droite de ce ruisseau sont disposés une série de locaux souterrains dans lesquels on descend par une ouverture ronde de 50 centimètres de diamètre et un tronc d’arbre entaillé en guise d’échelle ; des Bobo sont installés au fond de ces tanières et y font de la vannerie.

Croquis de Sia ou Bobo-Dioulasou.