Pour se rendre compte du chiffre de la population totale de ces cinq villages, il faut distinguer la population fixe de la population flottante.
La première comprend :
1o Les Bobofing, non vêtus et sur lesquels je reviendrai plus tard ;
2o Les Bobo-Dioula ; ils sont tous vêtus, s’occupent un peu de commerce et possèdent quelques captifs ; ils ont adopté pour tatouage les marques du Mandé-Dioula ;
3o Les Dafing ou Dafina, qui sont venus il y a une quinzaine d’années du Dafina à la suite d’une guerre ; ils paraissent intelligents, font du commerce et possèdent quelques captifs ;
4o Les Dioula, venus de Kong ;
5o Quelques Haoussa et Sonninké, venus du Dagomba et de Salaga. Ils s’occupent de commerce et surtout de teinture. A Marrabasou ils ont une quinzaine de fosses à indigo en activité.
Au total, ces cinq éléments peuvent donner 3000 à 3500 habitants, auxquels il faut ajouter 1000 à 1500 étrangers du pays de Kong, du Haoussa, du Mossi, du Tagouara, etc., tous gens de passage ou momentanément fixés dans le village, mais n’y possédant que leurs marchandises et quelquefois rien du tout.
J’ai été frappé du peu de gens de Djenné que l’on rencontre ici. C’est que le commerce avec Djenné est à peu près exclusivement entre les mains des Mossi et des Haoussa. Ces derniers sont très nombreux ici, ils apportent tous du sel sur leurs ânes pour remporter des kola.
Les Haoussa ont un autre système de brêlage et de bâtage des bourricots que les Dioula, qui emploient, comme on sait, deux petits sacs remplis de balle de mil et placés perpendiculairement à l’échine de l’âne. Le système des Marraba consiste en un seul sac avec deux vides ménagés pour le passage de l’air et un large et épais paillasson destiné à protéger les flancs de l’animal bâté.