2o Le sel gemme en barres de provenance de la sebkha d’Idjil vient par l’Adrar et Tichit dans nos possessions du Soudan français ; dans l’est, les marchés extrêmes sont Sansanding et le Ségou ; il alimente les États de Madané, de Samory, le Ouorodougou et le Follona occidental.
3o Le sel en poudre de Daboya.
Transporté en calebasses ou en paniers, il alimente le Dagomba, le Mampoursi, une partie du Gourounsi, le Lobi, Oua, Bouna et pénètre dans la partie sud-est des États de Kong.
4o Le sel marin de la Côte d’Or anglaise, qui d’Accra remonte la Volta. Il alimente les mêmes régions que le sel de Daboya et pénètre beaucoup dans le Bondoukou et l’Anno.
5o Enfin, le sel marin fabriqué par les peuples de race agni, habitant la côte entre les lagunes et la mer (environs de Grand-Bassam et d’Assinie). Ce sel est transporté dans des paniers coniques par tout le Sanwi, le Bettié, l’Indénié, l’Anno, le Baoulé, le Morénou, l’Attié, l’Ébrié, etc. ; les Jack-Jack et les gens de Dabou en alimentent tout le bassin du Bandamma ou rivière Lahou.
En jetant un coup d’œil sur une carte, on constate qu’il existe dans cette partie du Soudan une zone, située entre 8° et 10° 30′ de latitude, où l’on peut se procurer les cinq variétés de sel, et que les autres régions sont moins favorisées sous ce rapport, puisqu’elles ne sont alimentées que par une seule variété.
Barre de sel.
On constate également que les sels de provenance européenne ne sont transportés qu’à 500 kilomètres environ de la côte ; que celui fabriqué par les indigènes ne supporte qu’un transport de 300 kilomètres ; tandis que les sels gemmes du Sahara, par leur extrême bon marché, peuvent encore lutter avec tous les autres sels à Kong, c’est-à-dire à près de 1300 kilomètres des mines de Taodéni.
Dès mon arrivée à Dioulasou, je m’informai de Kongondinn, le chef auquel j’étais adressé, et envoyai Diawé saluer celui qui le remplace à Kotédougou, car ce Ouattara est absent depuis des années. Il habite un village frontière du Tagouara, pays avec lequel il a maille à partir depuis plus de vingt ans et qui n’est pas encore absolument soumis. Actuellement ce chef réside, ainsi que son frère Pinetié, à Kokhoma, à quelques kilomètres au nord de Dandé (route de Djenné). Il est secondé, dans son organisation du territoire des Tagouara, par un autre chef, nommé Baba Ali, qui occupe, avec les Bobo-Dioula, un village situé un peu plus à l’ouest, nommé Gouéré. Sabana Ouattara avec les Dokhosié, et Souloumananofé avec les Tiéfo sont à Dandé, également dans le Tagouara, pour réprimer les brigandages auxquels se livrent les peuplades des environs. Ils occupent militairement la route de Bobo-Dioulasou à Djenné.