A la suite des guerres qu’El-Hadj Mohammadou Karanta, ex-chef de Ouahabou, fit dans le Dafina et le Niéniégué, un troisième élément, peu nombreux, composé de quelques familles du Dafina, est venu se greffer à cette population.

Les étrangers qui sont ici les plus anciens et en même temps les moins nombreux sont les Foulbé[78], représentés par une dizaine de familles, dont quelques-unes possèdent des captifs ; d’autres moins heureuses n’ont ni captifs ni troupeaux, et celles-ci élèvent le bétail pour le compte des Bobo et des Mandé, dont ils sont en quelque sorte les métayers. Cependant aucun d’eux n’est captif, comme je l’ai constaté dans le Follona, à Kong, chez les Komono et les Dokhosié. Dans ces pays on trouve un ou deux Peul captifs dans chaque village où il y a un troupeau, mais ce sont des Foulbé métissés, presque noirs.

Kotédougou marque la limite sud où l’on rencontre le Peul libre établi avec sa famille. Les Foulbé que j’ai interrogés m’ont dit qu’ils sont Sidibé, venus du Borgou ou Bourgou il y a environ soixante ans. J’ai cru tout d’abord qu’il s’agissait du Bargou ou Borgou situé au nord du Yorouba, et je me disais que Duncan pouvait bien avoir raison en signalant la présence vers Assafouda de gens qu’il croyait d’origine peul. Je me suis donc plus amplement informé auprès des vieux Foulbé, qui m’ont fait voir le Borgou au nord et au nord-est ; cela m’a fait souvenir que Mage, dans son histoire du Macina, dit que tandis que Tidiani gouvernait Hamdallahi [et] Bandiagara, Balobo, frère d’Ahmadou cheikh, s’était réfugié dans le Borgou.

Croquis de Kotédougou.

Voici ce que j’ai appris à ce sujet : Borgou veut dire en poular « fourrage vert », c’est le bing kendé du Mandé. On est convenu de dénommer ainsi la presqu’île formée par les deux bras du Niger des environs de Sâro à Mopti, parce que c’est seulement dans cette région que pendant toute l’année on trouve du fourrage vert pour les chevaux : du borgou[79].

Djenné et ses environs, quoique faisant partie du Borgou, sont désignés aussi sous le nom de Djennéri.

Les environs de Sofouroula, Hamdallahi et jusque vers Bandiagara sont désignés sous le nom de Fakhalla.

L’ensemble des pays foulbé de la rive droite est connu par les Foulbé de cette région sous le nom de Fouta et ils n’entendent par Macina que les pays de la rive gauche du bras principal du Niger au nord de Diafarébé et de Sarédina.

Quant à Bandiagara et à toute la région des environs, c’est simplement le Tombokho. Bandiagara en est la capitale. Elle sert en même temps de résidence à Mounéri, chef des Foulbé, et à Domo, chef des Tombokho.